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Depuis quelques mois, de nombreux internautes à travers le monde s’émeuvent de découvertes intrigantes. Elles seraient la preuve que le voyage dans le temps serait possible, mais surtout que certains de nos congénères auraient pu déjà s’y adonner. Incroyable ? Farfelu ? Qui n’a jamais rêvé de pouvoir rembobiner le film de sa vie, du monde, quelques jours, quelques années en arrière ?
Un voyageur du temps sur une photo de 1940 ?
L’année dernière, une photo issue d’un petit musée de Colombie Britannique au Canada a fait surface sur internet. Datée de 1940, elle s’intitule « Réouverture du pont de South Fork après les inondations de novembre 1940″. On peut y voir une foule regardant dans la même direction et écoutant probablement le discours d’inauguration. Jusque là, rien d’exceptionnel… Pourtant si on y regarde de plus près, un individu à l’allure singulière se détache de la photo.
Équipé d’une paire de lunette au style moderne, d’un T-shirt affublé d’un « M » et d’un gilet à capuche, son look très actuel parait totalement anachronique en comparaison de celui des personnes qui l’entourent. Il semble aussi porter autour du cou un appareil photo compact (numérique ?).
S’agit-il vraiment d’un voyageur venu du futur ? Quand bien même il le serait, pourquoi diable viendrait-il assister à l’inauguration d’un petit pont au fin fond de l’Amérique du nord ?
Des sceptiques ont mené l’enquête. Le site forgetomori a compilé quelques éléments d’explication :
- La photo est-elle authentique ? Oui, elle est bien réelle. Pas de photomontage. Elle date bien de 1940, et elle fait réellement partie de la collection du Bralorne Pioneer Museum. Une équipe de télévision russe s’est d’ailleurs rendue sur place pour retrouver le cliché original (voir la vidéo). Une autre photo de la scène prise sur autre angle, permet même de voir notre homme de dos.
- Sa tenue est-elle si moderne ? Au risque de vous décevoir, ses lunettes de soleil, bien qu’étonnamment modernes existaient belle et bien dans les années 40. Pour preuve, cette photo extraite du film « Double Indemnity” sorti en 1944. Des lunettes de protection, utilisées par certains ouvriers de l’époque avaient elles aussi un apparence similaire.
Quant au T-shirt, rien d’anormal pour l’époque. On retrouve chez des vendeurs de vêtements vintages, des pulls des années 40 dotés de blasons très similaires.

Enfin, les appareils photos d’avant-guerre n’étaient pas forcément volumineux. On retrouve des modèles très compacts, dès le début du siècle, à l’image du Kodak Folding Pocket.
Il ne s’agit pas ici d’un voyageur temporelle, mais seulement d’un homme au look avant-gardiste pour l’époque.
Un téléphone portable dans un film de Charlie Chaplin ?
Un cinéaste irlandais, George Clarke, affirme avoir trouvé une pépite dans les bonus DVD du film « The Circus » de Charlie Chaplin sortie en 1928. Dans une séquence, on y verrait une femme utiliser un téléphone portable !
La première utilisation d’un téléphone portable remonte à 1973. Et à l’époque, l’engin était volumineux et pesait plus d’un kilo. Très loin de la compacité de l’appareil que la vieille femme semble tenir dans sa main dans cette séquence vidéo.
Différentes hypothèses sont avancées : un mal de dent qui obligerait la femme à maintenir sa main près de sa joue, un grattement anodin de l’oreille ou plus ambitieux… Une voyageuse dans le temps.
L’explication la plus crédible est certainement la plus prosaïque. En effet, comment pourrait-on utiliser une téléphone portable en 1928, sans relais téléphonique, sans opérateur ?
La femme utiliserait en fait un sonotone. Un modèle mécanique ou électronique tel qu’il en existait déjà à l’époque.
Croire au voyage dans le temps, c’est admettre que le passé existe encore. Tant que l’héritage de nos ancêtres sera préservé, nul doute que le voyage dans le temps sera possible… Au moins sur pellicule.
Une belle inconnue, une mort mystérieuse, une relique aux origines inconnues… Vous avez là, tous les ingrédients d’un drame poétique.
Au début des années 1900, fait surface à Paris, un masque mortuaire d’une jeune inconnue. Nulle ne sait qui elle ait. Pourtant, la beauté de son visage et la sérénité de ses traits vont fasciner les intellectuels et les artistes de l’époque. De nombreuses copies du moulage original circulent. Le masque mortuaire devient une décoration à la mode sur les murs des maisons d’artistes.
L’engouement qui naît pour cette inconnue défunte s’explique avant tout par la légende qui l’entoure. Selon celle-ci, le corps d’une jeune femme est un jour repêché dans la Seine à Paris. Un employé de la morgue, frappé par la beauté de la jeune femme, décide de faire un moulage en plâtre de son visage. On peut imaginer que par la suite, d’autres personnes, elles aussi captivées par la relique, décidèrent d’en faire des copies. C’est ainsi que naquit la légende de « L’Inconnue de la Seine ».
Aragon, Extrait d’Aurélien (Epilogue)
La thèse de la suicidée n’est pourtant pas la seule. Selon l’affichiste George Villa qui tenait cette information de son maître Jules Lefebvre, l’empreinte fut prise sur le visage d’une jeune modèle qui mourut de tuberculose vers 1875.
L’Inconnue de la Seine passera à la postérité grâce à nombreux artistes et écrivains à travers l’Europe, mais aussi, plus étonnamment, grâce à une entreprise norvégienne, Lærdal, qui reproduira le visage de la jeune inconnue sur leur mannequin d’apprentissage des premiers secours. Ainsi, le visage de l’Inconnue de la Seine est peut être le plus embrassé de tous les temps.

Que quelqu’un doive d’abord mourir afin de trouver la vie. »
Sigmund Freud, Délire et rêves dans la « Gradiva » de Jensen, 1907
(Merci à ma sœur pour m’avoir fait découvrir cette histoire)
Pour aller plus loin
- Dossiers de la BNF sur l’exposition « Le mythe de l’Inconnue de la Seine »
Un sujet difficile à introduire… De part la nature de l’objet, mais surtout en raison des informations contradictoires que l’on peut trouver ici et là. Avant de m’intéresser au sujet, je pensais comme beaucoup que l’usage de la ceinture de chasteté ne faisait aucun doute, durant certaines périodes de l’Histoire. Cela s’avère finalement beaucoup moins évident…
Une ceinture de chasteté est une ceinture munie d’une serrure conçue pour empêcher les relations sexuelles et la masturbation. Son but est de protéger la personne qui la porte de ses propres tentations et des tentations de ceux qui l’entourent.
Peu de traces dans les ecrits

Caricature allemande (Renaissance). On y voit de gauche à droite : un mari riche, une jeune épouse doté d'une ceinture de chasteté, et son jeune amant
On retrouve cependant une allusion symbolique dans un poème narratif du XIIème siècle « Le lais de Guigimar« , écrit par Marie de France.
Une femme fait un nœud au bas de la chemise de son amant et ce dernier noue une ceinture autour de la taille de la femme. Nul ne pourra défaire ces liens sans l’aide de ciseaux à part eux. Ainsi, la ceinture est garante de leur fidélité respective.
Il faut attendre le XVème siècle pour voir apparaitre la première description d’une ceinture de chasteté. Konrad Kyeser, un ingénieur militaire allemand publie en 1405, une anthologie d’inventions techniques, parmi duquel figure la ceinture de chasteté.
Des faux, exposés dans les musées
Quelques exemplaires sont présentés dans des musées à travers le monde, mais leur authenticité est régulièrement remise en question. Ainsi, on retira des vitrines du Musée du Moyen-Âge de Cluny, une ceinture de chasteté considérée comme datant de l’époque médieval. On découvrit qu’il s’agissait d’un faux du XIXème siècle.On reconnait cependant un caractère authentique à certains exemplaires. Mais ces derniers datent de la Renaissance. À cette époque, on a pu parfois utiliser la ceinture de chasteté afin de protéger les femmes du viol, lors de voyages ou en cas de guerre. Bien sûr, on peut imaginait que des maris jaloux aient pu détourner son usage pour se protéger de l’adultère. Mais cela ne justifie en rien, le fantasme général voulant que l’utilisation de ceinture ait été répandu durant les siècles passés. Il s’agit là d’une construction erronée à l’instar du mythe du droit de cuissage.
Ovide
Extrait de Les Héroïdes
Sources :
- Histoire secrète de la ceinture de chasteté, par Piero Lorenzoni (1998)










