Archive pour août 2009

Voici un article bien délicat à aborder, puisqu’il traite de la mort, et en particulier de son mode de représentation le plus cru : la photographie.
Il y a quelques années de cela, j’avais été marqué par certaines scènes du film « Les Autres » où l’on pouvait voir des « livres de morts« , espèces d’albums dans lesquels étaient regroupées des photos de défunts. Ma curiosité (quelque peu malsaine) m’a conduit à faire des recherches sur le sujet et à découvrir qu’il ne s’agissait pas d’une invention, mais d’une coutume bien réelle datant de l’époque victorienne…
Une mort omniprésente
Pour mieux comprendre certaines coutumes, qui pourraient nous paraître macabre aujourd’hui, il est important de rappeler le contexte de l’époque. À la fin du 19ème, la mortalité est très élevée, en particulier chez les enfants. Les conditions sanitaires de l’époque, mais aussi les épidémies de choléra et de tuberculose sont les premières causes de mortalité. Aux États-Unis, le taux de mortalité infantile (dans la première année suivant la naissance) s’élève alors à 135 pour 1000 naissances, en comparaison des 5 pour 1000 de 2008. Ainsi à cette époque, près d’un enfant sur cinq mourrait avant l’âge de cinq ans !
Durant l’ère victorienne, en Grande Bretagne et aux États-Unis, la mort, les funérailles, le deuil, deviennent une véritable obsession. Tout est mis en oeuvre pour dominer cette mort omniprésente.

Procession funéraire en 1909
Une sophistication du deuil
On meurt à la maison, entouré de sa famille et de ses amis. Le corps du défunt est installé dans le salon ou dans une chambre jusqu’à son inhumation. On ne cherche pas à préserver les enfants de la vision des morts. Il n’est pas rare que dans les familles pauvres, l’enfant doivent partager la chambre, et même le lit d’une soeur ou d’un frère mourant.
On veille auprès du lit de mort. Les amis, les connaissances viennent présenter leurs condoléances à la famille endeuillée.
La mère ou la veuve entame pour une durée de deux ans et demi, la période dite de « grand deuil ». Elle ne portera durant cette période que des vêtements de couleur noire et ne participera à aucune activité sociale. Durant les 6 derniers mois du deuil, il est permis de porter la couleur grise ou lavande. Dans la classe moyenne, les enfants sont tenus de respecter ce rituel, mais pour une durée d’un an seulement.
Memento mori ou le souvenir des morts
La photographie va prendre une place importante dans le processus de deuil et de mémoire. Les familles font appel à des photographes locaux ou itinérants pour prendre des clichés de leurs défunts. L’aspect qui pourrait nous paraître le plus morbide, réside dans la mise en scène des clichés. Parfois, il s’agit simplement du corps placé dans le cercueil, d’autre fois, on le place dans un lit pour faire croire qu’il sommeille. Plus singulier, le défunt est parfois accompagné des autres membres de la famille. Les mères portent leurs bébés dans leurs bras. L’enfant se tient à côté de son frère mort… Parfois même, c’est toute la famille qui posent prêt du défunt.
Les photos ainsi prises sont précieusement conservées et placées dans l’album familial. On les envoie aux membres de la famille n’ayant pas pu se déplacer. On les encadre. On les porte en médaillon.
Ces pratiques disparaîtront progressivement avec la fin de l’époque victorienne et l’évolution du rapport à la mort. Il ne s’agira plus de montrer la mort pour la dompter, mais bien au contraire de la cacher pour l’éloigner.
Quelques clichés parmi les plus singuliers
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Certaines croyances ont la vie dure.
Un veau à deux têtes, né en mars 2009 dans le nord-ouest du Pérou a semé le trouble dans tout un village des Andes. À la découverte de cette troublante naissance, nombre d’habitants ont voulu tuer et brûler le veau, pensant qu’il s’agissait d’un mauvais présage pour les futures récoltes.
Veau à deux têtes, né au pérou
L’animal est un bicéphale incomplet, avec un seul cerveau, mais deux museaux et visages, quatre yeux, et une seule corne. Chose extrêmement rare, l’animal a survécu à ses malformations.
Différentes hypothèses peuvent expliquer ce phénomène : problème de parasites, malnutrition, ou encore contamination par un produit utilisé dans l’extraction minière.
Même si ces malformation sont rares, elles sont connues depuis longtemps. Au XVIème siècle, le docteur J.G. Schenck dans son traité Histoire des monstres mémorables, classa les malformations en fonction des parties du corps touchées. Il recensa notamment la naissance, en Sardaigne en 1489, d’un veau à deux corps, deux têtes et trois yeux.
Il s’agit là d’une pure invention, née de l’imagination fertile de certains auteurs (dont Voltaire), mais surtout de la volonté des républicains du 19ème siècle de discréditer le moyen-âge et son système féodal.
On peut supposer que le droit de cuissage est en fait dérivé, du droit de cullage, qui autorisait le mariage en dehors de la seigneurie, en contrepartie d’un compensation pécuniaire et du bon vouloir du seigneur.
D’autres croyances fantaisistes furent colportées, notamment le droit de ravage, qui permettait au seigneur de dévaster les champs de ses sujets, ou encore l’étonnant droit de prélassement, qui donnait au seigneur, le droit de faire éventrer ses serfs pour s’y réchauffer les pieds.
Le joueur de flûte de Hamelin est certainement l’une des légendes les plus populaires du folklore allemand. Cette histoire enfantine, popularisée par les frères Grimm en 1816, prend ses racines dans l’Allemagne médiéval du XIIIème siècle.
Mais s’agit-il seulement d’une légende ?
La légende du joueur de flûte de Hamelin
En 1284, la ville de Hamelin, en Allemagne, fut la proie d’une invasion de rats. Toute la ville en était infestée, au grand désespoir des habitants. Un jour, un homme étrange se présenta comme preneur de rat. Il promit pour une cetaine somme d’argent de débarrasser la ville de tous ses rats. Les habitants acceptèrent.
Le preneur de rats sortit une petite flûte et commença à jouer. Aussitôt tous les rats sortirent des maisons et se réunirent autour de lui. Lorsquil fut certain qu’il n’y en avait plus de cachés, il quitta la ville en direction de la Weser (fleuve allemand). Les rats le suivirent jusque dans l’eau où ils se noyèrent.
Après avoir libéré la ville de son fléau, le joueur de flûte vint réclamer son dû auprès des habitants, mais ces derniers refusèrent, oubliant leur promesse. Dès lors, l’homme quitta la ville plein d’amertume.
Il y revint cependant le 26 juin, sous les traits d’un chasseur à l’allure effrayante. Pendant que tout le monde était à l’église, il sortit sa flûte de nouveau et commença à jouer dans les ruelles da la ville. Mais cette fois, ce furent les enfants qui arrivent en courant, ensorcelés par son étrange musique. Il les conduisit par la porte de l’est en continuant de jouer, et ils allèrent jusqu’à la montagne Koppelberg, où il disparut avec eux à jamais.
Seuls deux enfants revinrent, car ils s’étaient attardés en chemin. L’un d’eux étant aveugle ne pu montrer l’endroit où les enfants étaient, l’autre étant muet ne put dire un seul mot. Un petit garçon étant revenu chercher sa redingote échappa lui aussi au malheur. Certains dirent que les enfants avaient été conduits à une grotte d’où ils ressortirent dans la région de Siebenbuergen. Selon la légende, ce jour-là, 130 enfants disparurent ainsi à jamais.
D’après « Légendes allemandes » de Grimm (1816)
Origines et théories
Autant que vous la sachiez tout de suite, aucun document ou témoignage ne permettent de dire qu’il y ait eu un jour, un rapt massif d’enfant à Hamelin. Il existe cependant un certain nombre de théories permettant d’expliquer la genèse de cette légende :
- En 1212, eut lieu la « croisade des enfants« , une expédition menée par des gens du peuple voulant partir en Terre Sainte pour délivrer Jérusalem, à l’image des croisades de chevaliers. La croisade passant par Hamelin, des enfants quittèrent la ville pour prendre part à l’expédition, et ne revinrent jamais. Le joueur de flûte symbolise ici, le recruteur ou le meneur.
- Au XIVe siècle, un terrible fléau s’abattît sur l’Europe. La peste bubonique décima les populations. Elle fut principalement véhiculée par les rat, qui la transmirent à l’homme par l’intermédiaire de puces infectées. Ainsi, tout comme dans la légende, ce sont les rats qui sont à l’origine de la mort des enfants.
- On attribue parfois cette légende à un autre mal répandu à l’époque, qui touchait les enfants de 7 à 14 ans, la Chorée de Sydenham, plus communément appelée, la danse de Saint Guy. Cette maladie contagieuse, touche le système nerveux. Elle se caractérise par des mouvements involontaires et des contractions des muscles, pouvant entraîner chez le malade, ce que certains pourraient appeler une danse. À l’époque, on pensait que la musique pouvait calmer les manifestations de la maladie. Ainsi, il n’était pas rare que des aigrefins, joueur de flûte par exemple, profitent de la naïveté des faibles d’esprit, en promettant guérisons miraculeuses.
- Au XIIè siècle, la ville de Hamelin devint trop peuplée. On dû envoyer une partie de la jeune population s’établir en dehors. Les « enfants » quittèrent leurs parents sous la tutelle d’un chef, symbolisé ici par le joueur de flûte.
Quelque soit la véritable explication, la ville d’Hamelin reste marquée par la légende. Il fut longtemps interdit de jouer de la musique ou de manifester la moindre joie, dans la ruelle de la ville, la Bungelosenstraße, qu’empruntèrent les enfants ensorcelés.
D’où son nom, Bungelosenstraße, la rue sans tambour.

















