Archive pour août 2009


Le concile cadavérique ou le procès d’un mort
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L’histoire qui suit, tend à prouver que la folie de l’homme n’a pas de limite…

En 897, s’ouvre à Rome le procès macabre d’un cadavre, et pas n’importe lequel, celui du pape Formose, mort un an plus tôt.

L’originalité du procés ne réside pas dans son caractère postume, mais bien dans le fait que le pape Formose y a assisté… Et oui… Son cadavre a été exhumé, recouvert de ses habits pontificaux et installé sur son ancien siège papal afin d’être jugé par une assemblée d’évêques italiens.

Le Pape Formose

Le Pape Formose

Les raisons du procès

Avant de devenir pape en 891, Formose est évêque de Porto. Dès 876, il montre des velléité à occuper le siège pontifical, mais son projet est contrecarré par le pape Jean VIII. Dès lors, on l’accuse d’être opposé à l’empereur, d’avoir quitté son diocèse sans autorisation ou encore d’avoir conspiré pour renverser le siège pontifical.

Formose est excommunié de 872 à 878. Finalement, il est élu pape en 891.

Durant son règne, Formose va être au centre de nombreuses intrigues politiques, qui vont lui coûter l’inimitié des ex-empereurs d’Italie et de leurs partisans. C’est ainsi qu’après sa mort, ces derniers décident de se venger par l’intermédiaire de son successeur, le pape Étienne VI.

Déroulement du procès et sentence

En janvier 897, s’ouvre le jugement posthume du pape Formose, appelé le concile cadavérique.

Le Pape Formose et Etienne VII, 1870 - Jean-Paul Laurens (1838-1921)

Le Pape Formose et Etienne VII, 1870 - Jean-Paul Laurens (1838-1921)
Musée des Beaux-Arts, Nantes

Étienne VI, animé par la haine plutôt que par le désir de justice, fait déterrer le corps de Formose et le fait installer sur un trône pontifical dans la salle où se déroule le procès. Il ira même jusqu’à nommer un clerc, posté à côté du cadavre pour répondre à sa place !

Formose est condamné. On dépouille son cadavre de ses insignes pontificaux. On lui coupe les trois doigts de la main droite qui lui servaient à bénir. Son élection comme pape est invalidée.

Son cadavre est jeté dans un fosse commune, avant d’être repris par le peuple, et jeté au Tibre.

Dénouement

Le périple de la dépouille de Formose ne s’arrête pas là… Le corps est finalement repêché et les successeurs d’Etienne VI l’inhument dans la basilique Saint-Pierre, lui rendant ainsi, un repos bien mérité.

Ce procès singulier sera déterminant dans la décision du concile, un an plus tard, d’interdire les procès contre les morts.

Aller au diable vauvert ! Oui, mais lequel ?
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Vous connaissez sûrement l’expression « Aller au diable Vauvert ».
C’est se rendre dans un endroit inaccessible ou y envoyer quelqu’un, en le congédiant sans ménagement.
Mais connaissez vous son origine ?

Bien que réputée, cette expression a des origines troubles. Voici la plus répandue :

Au XIème siècle, le roi Robert II, dit le Pieux décide de construire son chateau hors de Paris, dans un vallon planté de vignes alors nommé Vauvert (le val vert). À sa mort, en 1031, le château de Vauvert est abandonné et tombe rapidement en ruine. Il devient un repaire pour toute une population de brigands et marginaux qui terrorisent le voisinage.

Le quartier est dangereux. Les passants se plaignent des cris et des hurlements terribles qu’on y entend, de jour comme de nuit. Meurtres ? Apparitions fantomatiques ? La rumeur veut que le château soit hanté par le diable… d’où la naissance de l’expression populaire Aller au diable vauvert !

Amis parisiens, si un jour, il vous prend l’idée de vous y rendre, sachez que les historiens situent le Vallon de Vauvert à l’emplacement de l’actuel Jardin du Luxembourg.

… Qui sait ? Vous pourriez vivre la même expérience glaçante que vos aïeux…